Ali Benflis, tout comme Karim Younes, plaide pour un mandat présidentiel de transition

Ali Benflis, président du parti Talaïe El-Houriyet, a plaidé pour un mandat présidentiel de transition estimant que la tenue de l’élection présidentielle constituait « la voie la moins longue, la moins coûteuse et la moins risquée pour la stabilité et la pérennité de l’Etat national » pour sortir de la crise politique que traverse le pays, avons-nous appris de l’APS.

« L’évolution des événements a dépassé la polémique autour des solutions, constitutionnelle et politique, en imposant leur conciliation, avec la poursuite des appels pour la mise en place d’une Assemblée constituante et la convocation d’une élection présidentielle, à travers un mandat présidentiel de transition », a écrit Ali Benflis dans une contribution publiée par le quotidien El Khabar.

« La Présidentielle constitue la voie la moins longue, la moins coûteuse et la moins risquée pour la stabilité et la pérennité de l’Etat national et, à l’inverse, la Constituante se veut la voie la plus longue, la plus coûteuse, voire la plus risquée pour sortir de la crise actuelle », a indiqué Benflis.

Au sujet de la Présidentielle, Ali Benflis a souligné que « si toutes les conditions sont réunies pour sa réussite, cette élection peut représenter une solution pour la sortie de crise, estimant, néanmoins, que la mise en place d’une Assemblée constituante aggravera la situation actuelle sur les plans politique, institutionnel et constitutionnel, et partant fera perdurer la crise ».

« L’option de la Présidentielle n’est pas remise en cause et pourrait favoriser le règlement de la crise, en quelques mois, pour se consacrer, dans l’immédiat, aux grands défis que le pays doit relever à court terme », a-t-il fait remarquer, estimant, toutefois, qu’en optant pour la Constituante, « nous devrions attendre plusieurs années, alors que le pays nécessite une solution rapide avant qu’il ne soit trop tard, soit avant l’aggravation des crises politique, économique et sociale ».

« Comparée à la Constituante, la Présidentielle demeure la voie la plus efficace pour épargner au pays les problèmes induits par la crise actuelle et son éventuelle aggravation », a-t-il averti, soulignant que « l’option de la Constituante est certes présentée sous un aspect démocratique, mais renferme en réalité une série de contraintes et de divisions pouvant compromettre la pérennité de l’Etat national ».

Après avoir défendu l’option de la Présidentielle, le président du parti Talaïe El-Houriyet a énuméré « les difficultés » pouvant entraver l’option de la Constituante, citant à cet égard « la difficulté de former une instance présidentielle chargée de convoquer cette Constituante pour l’élaboration d’une Constitution avant la Présidentielle », outre le fait que l’organisation des élections pour la Constituante pourraient prendre des années.

Parmi ces obstacles, Ali Benflis a cité, en outre, « la difficulté de voir émerger une majorité politique au sein de l’Assemblée constituante et partant la difficulté de choisir un Premier ministre et convenir sur la composition du Gouvernement, en sus des différends qui peuvent naître autour de l’élaboration de la Constituante, des différends pouvant donner lieu à un conflit de légitimités avec des dangers aux répercussions imprévisibles ».

Pour Benflis, « le désaccord autour de l’Assemblée constituante et la présidentielle en tant qu’issue de la crise est une question d’ordre des priorités et le choix du cadre le plus approprié pour leur réalisation », soulignant, dans ce cadre, que l’élection présidentielle permet d’agencer ces priorités et le mandat présidentiel de transition fournit le cadre approprié pour concrétiser ces priorités sur terrain.

« Le traitement de cette crise exceptionnelle qui entame son sixième mois exige un effort important, partant du fait que cette crise s’est développée, pris de multiples dimensions et voit même sa nature en train de changer « , a affirmé Benflis pour qui « la polémique autour de la terminologie, des concepts, des mesures et des dispositions s’est vu accorder un temps plus important que celui consacré à l’essence de la crise, à savoir le salut de l’Etat national ».

Affirmant que « l’option de la Présidentielle n’est pas, pour lui, une nouvelle approche politique ou une position dictée par l’évolution des choses ni encore un positionnement tactique pour un gain politique maigre ».

« La situation du pays interdit à tout un chacun de faire des calculs et de camper sur ses intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général » a affirmé l’ancien directeur de campagne et chef du gouvernement de Bouteflika.

Aussi, il a mis en avant, en conclusion, « la nécessité de veiller à la protection et l’immunisation de l’Etat national, menacé par l’effondrement de l’ancien régime politique », et d’avoir la conviction que l’intérêt suprême de l’Etat national réside dans un changement radical du système de gouvernance pour instaurer un Etat de droit, et que l’Etat national traverse un tournant décisif de son Histoire et que le prochain président de la République aura la responsabilité de sortir le pays de ce tournant à travers un mandat de transition à même de mettre en place les fondements d’un Etat de droit, devenu une aspiration partagée et une ambition fédératrice.